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Quitter le monde
de Douglas Kennedy

Article écrit par Sara le Vendredi 27 août 2010 et publié dans Lecture, Histoires de Vies.
août 27


Résumé de l’éditeur :
« Je ne me marierai jamais et je n’aurai jamais d’enfants ». Lorsqu’elle prononce cet arrêt, Jane a 13 ans. Le lendemain matin, son père aura fait ses valises. Hasard ? Coïncidence ? La culpabilité ne s’embarasse pas de ces questions : toute sa vie, Jane s’en mordra les doigts.
De Harvard à Boston, des belles lettres aux manipulations boursières, tout ce qu’elle aime lui échappe. Et lorsque, enfin, la vie lui fait un cadeau, c’est pour le lui reprendre aussitôt. Alors Jane n’a plus qu’une obsession : fuir, n’importe où, hors du monde. Mais à vouloir le quitter, c’est lui qui vous rattrape…

Mon résumé : (un peu plus long que d’habitude)
C’est le soir de son treizième anniversaire, lors d’une énième dispute entre ses parents, que Jane prononce la phrase qui, comme elle s’en rendra compte plus tard, changera sa vie, ou du moins le cours de son adolescence. « Je ne me marierai jamais et je n’aurai jamais d’enfants », annonce-t-elle à son père. Le lendemain, il aura quitté la maison, en laissant simplement une lettre que Jane ne pourra même pas lire. Sa mère ne cache pas sa tristesse, et fait retomber le départ paternel sur les épaules de sa fille, en citant cette fameuse phrase prononcée lors du dîner.
Dès qu’elle le peut, Jane fuit cette mère mal-aimante et désespérée. elle poursuit ses études à Harvard, et rencontre un bel enseignant : David Henry, son directeur de thèse, avec qui elle entretiendra une liaison très discrète pendant quatre ans… Jusqu’à ce qu’il meure dans un soit-disant accident, à la suite de l’écriture d’un roman fusillé par les critiques. Jane ne pense pas pouvoir s’en remettre mais cache son immense tristesse, elle et David étant censés être les seuls à être au courant de leur histoire (ce qui n’est pas le cas, bien évidemment). Après avoir refusé un poste d’enseignante dans un campus réputé du Wisconsin, elle change alors d’orientation et se lance dans les « fonds spéculatifs », le monde du « Fric Roi ». Elle est embauchée à Freedom Mutual, où le secret est interdit, et découvre que tout le monde dans la petite entreprise sait tout sur tout le monde. Son histoire avec David Henry n’est alors pas laissée de côté. Mais elle apprend vite et commence à faire ses preuves. Elle gagne beaucoup d’argent, mais ce n’est que le début d’une carrière qui pourrait s’avérer bien plus longue… Si sa vie n’avait pas à nouveau changé. Jane garde le contact avec son père, à travers quelques appels et des mails sans grand intérêt. Mais un jour, lorsqu’ils sont au téléphone, il lui annonce qu’il aurait un besoin urgent de dix mille dollars. Il lui raconte qu’il se retrouve au chômage et que sa copine l’a quitté, qu’il n’a plus d’argent mais qu’il a rencontré Creighton Crowley, un riche personnage qui veut monter une entreprise avec lui, mais qu’ils ont besoin pour cela des dix mille dollars demandés. Comme il le sait, sa fille a les moyens d’avancer pareille somme à son père. Jane, qui veut lui prouver qu’elle, au moins, a réussi sa vie et qu’elle a de l’argent, accepte.
Quelques temps après le virement, alors qu’elle n’avait plus aucune nouvelle de son père, le FBI débarque à Freedom Mutual, et lui annonce qu’en lui prêtant autant d’argent, elle l’a aidé à s’échapper, alors qu’il était activement recherché. Jane n’était au courant de rien, mais elle apprend que son père a toujours eu affaire aux escrocs, et qu’il a arnaqué nombre de personnes. Le directeur de Freedom Mutual, Brad Pullman, est obligé de la licencier, tout en lui assurant qu’elle n’a plus aucun avenir dans le monde financier. Mais, comme elle a fait gagner beaucoup d’argent à la boîte lors d’une affaire précédente, Pullman lui offre trois cent mille dollars avec son renvoi. Trahie par son propre père, que lui reste-t-il à perdre, à présent ? Suivant les conseils de son amie Chisty, elle dépense son argent au lieu de le « laisser faire des petits à la banque » : elle s’achète alors une maison à Boston, puis la fait refaire et s’y installe. Elle est au chômage mais ne s’inquiète pas… Puis elle rencontre Theo Morgan. Sa première histoire depuis David. Theo est passionné par le cinéma, il ne vit que pour ça. Leurs conversations finissent toujours autour d’un bon film, non sans les commentaires spécialistes de Theo. Theo s’approvisionne en vêtements une fois par an, toujours dans les même magasins, en achetant toujours les mêmes articles : T-shirts noirs, chaussettes noires, jeans noirs, slips noirs, et blouson en cuir noir. Leur relation devient plus sérieuse, et, un jour… Jane tombe enceinte.
Elle hésite à garder l’enfant, ne veut pas en parler à Theo, qui commence à être de plus en plus absent. Finalement, toujours grâce au conseil de Christy, elle décide de ne pas avorter, et d’annoncer à Theo qu’il va bientôt être papa. Il témoigne un grand enthousiasme, mais cela n’est pas pour rassurer Jane. Revenue à un salaire d’enseignante dans un petit campus de troisième catégorie, comment va-t-elle faire ? Elle se rend compte qu’elle ne veut pas de cet enfant, mais elle ne supporte pas l’idée de ne pas le laisser venir au monde. Mais d’hésitations en grandes questions, il finit par être trop tard. Jane met au monde la jolie petite Emily. Aussitôt, elle est ravie de sa décision. Emily éclaire sa vie de ses petits sourires; premiers mots, premiers pas, premières écritures, premiers rires… Jane est heureuse et fière de sa fille, mais Theo s’absente encore plus souvent, dans l’appartement qu’il a gardé pour travailler. C’est Jane qui l’emmène à la crèche tous les matins, et Theo qui le récupère pour l’emmener à son travail deux soirs par semaine. Mais bientôt, il faut employer une nounou, et cela fait encore des dépenses en plus. Mais ils s’en sortent, Emily est sage, et sa mère l’aime énormément.
Theo compte commercialiser le film d’un ami, qu’il montre à Jane : il s’agit d’un film gore sans intérêt, mais Theo est persuadé qu’il va très bien se vendre. Puis, il rencontre Adrienne Clegg, la femme qui va tout changer.
Dès qu’elle l’a vue, Jane s’en est méfié, mais elle aurait du être plus sévère. Adrienne parle fort de ses exploits passés, dans le cinéma, à New York… Elle a échoué de projets en projets, mais cette fois, c’est sûr, elle va réussir, si elle s’associe avec Theo… mais pour cela, il leur faut cinquante mille dollars. Que Jane possède, évidemment. Alors, après avoir consulté son avocat, elle signe un contrat qui lui semble très professionnel, précisant que l’argent lui sera rendu, et que si elle signe, elle accepte également de faire partie de le boîte que fondent Theo et Adrienne, Fantastic Filmworks. Delta Kappa Gangster est un succès, ils gagnent tout de suite beaucoup d’argent. Mais Adrienne, qui a enfin obtenu ce qu’elle veut, ne compte pas s’arrêter là. Theo est éternellement absent, il ne vient même plus voir sa fille, qui est perturbée. Malgré les sérieux travers de son histoire familiale, Jane essaie de faire comprendre par tous les moyens à Emily qu’elle est une joie, un émerveillement de tous les instants. Mais Jane n’est toujours pas remboursée, au cours des quatre mois qui suivent son prêt. Emily a un an et demi. Et puis la mère de Jane, à qui celle-ci envoie régulièrement des photos de sa petite fille, l’appelle et lui annonce que son médecin a décelé un kyste qui se développe bizarrement, et qu’il faut qu’elle passe des examens, qui révèlent un cancer généralisé. Lorsqu’elle rappelle sa mère, cette dernière est injuste avec sa fille, lui faisant des reproches, revenant sur le départ de son père, sur la phrase de l’anniversaire, ne voulant pas croire les accusations qui tombent sur son ex-mari…
Quand Jane arrive à l’hôpital, sa mère lui annonce qu’elle va se marier, que son père va venir le lendemain, pour l’épouser à nouveau, et lui promettre l’amour éternel. Alors Jane fuit, encore une fois, cette mère qui ne lui a pas témoigné son amour une seule fois, cette mère injuste et cruelle. Lorsqu’elle revient chez elle, elle apprend qu’elle est morte pendant son trajet de retour. Christy vient lui rendre visite pour la soutenir et s’occuper d’Emily pendant que Jane s’occupe de la préparation des obsèques, pendant que Theo et Adrienne lui annoncent qu’ils viennent d’avoir le contrat pour la distribution du film en Amérique pour trois millions. Les relations déjà très distantes de Theo et Jane sont pires qu’avant, il s’échappe parfois pendant plusieurs semaines avec Adrienne, soit disant pour les affaires. Mais Jane n’a toujours pas vu la couleur de son argent. Adrienne organise des banquets hors de prix, des balades en hélicoptère, une réception pour trois cent personnes dans un restaurant de Cannes qui a coûté plus de cent mille dollars, un séjour dans un grand hôtel , une voiture avec chauffeur pour près de mille dollars par jour… Et puis… Et puis, la faillite. La banqueroute, le plongeon total.
Theo et son associée ont commercialisé un film sur lequel ils n’avaient même pas les droits, et se sont trop endettés. Ils ont ensuite disparu dans la nature.
Son avocat essaie de l’aider, mais Jane reçoit des menaces par téléphone des gens auxquels Theo et Adrienne doivent de l’argent, beaucoup d’argent. Jane ne dort plus, elle s’assomme de calmants, mais ne parvient à s’assoupir que quelques heures, et encore… On lui conseille de voir un médecin. Mais elle refuse. Emily se rend bien compte de la tristesse de sa maman. Mais celle-ci ne parle plus à personne, donne ses cours comme une automate, entre deux tasses de café… Et puis un jour, alors qu’elle allait chercher sa fille à la crèche car la nounou était à un rendez-vous médical, un petit chien se détache de la laisse de sa maîtresse. Emily lâche la main de sa mère pour lui courir après… Un taxi arrive au loin. Jane court pour la rattraper, crie son nom, mais… il est trop tard. Emily est morte subitement. La seule personne qui lui donnait encore des forces pour faire face à cette vie trop dure s’est envolée.
Alors, après une tentative de suicide ratée, qui lui donne l’impression de vraiment échouer dans tout ce qu’elle entreprend, Jane décide de fuir. De disparaître dans un pays lointain, d’oublier ce passé sinistre. De quitter le monde.

Mon avis :
Ayant déjà beaucoup apprécié Piège nuptial du même auteur, j’ai voulu essayer d’en lire un autre et je suis plutôt satisfaite car on y retrouve le même style que dans le livre précédent qui m’avait plu.
C’est un livre très dur qui donne beaucoup à réfléchir. Pendant tout le livre, on se dit que ce n’est pas juste, que ça ne peut pas se passer ainsi, et pourtant, c’est la vérité. C’est vraiment horrible à lire parfois, mais j’ai vraiment été plongée dans cette histoire, seule la fin m’a un peu déçue. Enfin, vous verrez !

Note : 15/20

Ecrit par : Douglas Kennedy; traduit de l’anglais (américain) par Bernard Cohen. Editions Pocket.
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