Quatrième de couverture :
Marche, petit Charles. Marche dans les rues de Londres puantes et enfumées, faufile-toi entre les rats. Marche jusqu’à la fabrique de cirage où tu colles des étiquettes dix heures par jour, puis marche vers la prison pour dettes rendre visite à ton père et marche encore à la nuit tombée, rentre seul dans ta chambre.
Galope, Charles. Galope en rêve et en imagination. Invente-toi une autre vie, théâtre, aventures, passions, demeures luxueuses…
Cours, Dickens. Deviens reporter, dénonce les injustices. Cours vers la gloire que tu mérites par ta verve et on cœur. Cours à travers le monde, de Paris à New-York, lis tes romans à voix haute devant un public abasourdi, et cours écrire le suivant que des centaines de milliers de lecteurs attendent semaine après semaine.
Cours si vite, si bien, si loin que la mort même ne puisse t’atteindre, et vis éternellement, Charles Dickens, à travers tes romans et dans cette biographie écrite par celle qui t’a élu, un jour de ses dix-sept ans, son « père céleste », et qui te ressemble tant.
Mon avis :
Ce livre est tout simplement génial ! Marie-Aude Murail décrit avec humour ce génie, qui fut d’abord le petit garçon oublié, mal-aimé ; le rêveur dans la pièce de l’entreprise de cirage où il travaillait ; puis l’adolescent d’une famille pauvre, le seul à travailler pour faire sortir son père de la prison pour dettes ; avant de tomber amoureux, puis de se consacrer à la typographie, et d’écrire enfin ses premières histoires… Il s’est marié, a eu dix enfants, a visité l’Amérique, Paris, l’Italie. Il a dénoncé les nombreuses injustices de son pays, les écoles où l’ont laissait mourir de faim les enfants pauvres, les veuves et les orphelins qu’ont laissait à l’abandon…
Il est passé par tout, la pauvreté, l’endettement, la détermination, la gloire, le travail, la richesse, la popularité, la maladieî Ses romans, qu’il écrivait au jour le jour, étaient lus par des centaines de milliers de lecteurs. Il hypnotisait ses auditeurs lorsqu’il lisait à voix haute. Il mettait à l’aise les timides, enchantait les enfants, communiquait à toute la salle son grand rire bruyant…
Mais, dans ce livre, on apprend que le héros n’avait pas que des qualités : il se croît en effet bien supérieur aux autres, Monsieur Dickens, bien qu’il le soit par bien des côtés ; de nombreuses fois il n’écoute que lui, n’en fait qu’à sa tête. Il se moque parfois, en secret, dans ses romans, des personnes qu’il a rencontré, des villes où il est allé, comme New-York. Plusieurs fois, il trompa sa femme. Il fut également un père étrange pour ses enfants, ce que montre la manière dont il s’est comporté avec son fils Frank, refusant de le regarder lorsqu’il apprit le naissance d’un énième enfant. Mais peut-on lui reprocher tout cela ? Il aimait les enfants : dans ses livres il dénonça la cruauté des adultes, faisant fermer plusieurs établissements et sauvant la vie de centaines d’enfants. Il allait les voir dans les banlieues de Londres, leur faisait la lecture, il ouvrit des centres pour les pauvres femmes qui se retrouvaient à la rue… On pouvait compter sur lui, et il fit rire, rêver et pleurer tant de monde…
Tout cela, toute la vie de Charles dans ses moindres détails est décrite dans le livre que je viens de lire, et que j’ai adoré.
Note : 17/20
Écrit par : Maire-Aude Murail. L’école des loisirs, Medium Club.
Voir la fiche du livre de L’école des loisirs.
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Pianote, Sara, sur le clavier de ton ordinateur !
(J’ai mis à jour ton blog et celui de Ti-Lou ; j’imagine pas comment Dickens s’en serait sorti avec dix blogs…)